Je reviens au blog. Je reviens vers l’écriture qui semble être un bon moyen pour extérioriser. Les événements ce sont précipités mais j’avais vraiment ni le temps ni l’envi d’écrire. J’étais tout le temps en ligne avec ma copine, vu la distance qui nous sépare, on devrait passer du temps ensemble. C’est vraiment bien. Je lui racontais tout, je partageais tout avec elle donc je n’avais pas besoin d’aller vers le blog pour en parler. D’autre part, je ne retrouve plus la blogosphére d’avant, celle de 2006 ou j’avais commencé cette expérience de blogging. Mon blog est décalé par rapport aux autres blogs. J’ai vraiment du mal à trouver avec qui partager mes expériences. La blogosphére d’aujourd’hui contient beaucoup de propos incitant à la violence, à la peur, à la haine, à la discrimination, etc… Donc je reviens pour respirer, pour reprendre cette activité qui me tiens vraiment à cœur et qui me fait du bien. L’écriture, comme la musique, a été toujours là pour moi quand j’allais mal, elle ne me laissera jamais tomber tant que je suis encore en vie. J’écris, donc je suis.
Pour ceux qui m’ont contacté et qui voulaient avoir de mes nouvelles, je voulais vraiment les remercier et je voudrai spécialement m’adresser à ma chérie qui m’a toujours encouragé et qui m’a pousser à revenir au blog malgré tout. J’adore bien ce qu’elle me disait. Elle disait que j’étais son Beigbeder, son Camus… Sachant que ce sont mes écrivains favoris. Parce qu’à un certains moment j’avais plus confiance en ce que j’écrivais, je détestais mes écrits. Donc je voulais dire que je vais relativement bien depuis 10 mois maintenant, avec des baisses de morales bien sûr, mais je m’en sors bien je crois. Ma chérie dit que je vais mal cette période, elle commence à s’inquiéter pour moi et à angoisser. Moi, j’essai de garder la tête froide pour la rassurer et même si je vais mal je dois être là pour elle pour la consoler, pour l’aider,… Elle devrait être furieuse maintenant, elle m’avait demandé des recherches et moi j’avais retardé le truc. Je m’en veux quelque part mais je suis tombé dans un coma du à la fatigue je suppose (j’ai dormis tout l’après midi). Je sais qu’elle me pardonnera, ça m’angoisse un peu, mais c’est réconfortant de dire cela.
Donc voila, je tacherai d’être plus présent sur le blog pour parler de ce qui s’est passé depuis combien déjà ? 3 mois ou 4 ? J’en sais rien…
Me voila dans ma chambre, seul. Je pense à ce que serait mon avenir dans quelques mois. Rien n’est encore certain, tout me parait flou. Je devrais d’abord terminer ce semestre et puis voir ce que mon destin me cache, le monde professionnel ou encore des études. Je n’en sais rien encore. Tous ce que je sais c’est que cette année est vraiment très importante pour moi, j’aimerai qu’elle soit mon vrai début, ma relancé, ma montée… Malheureusement, cela ne dépend pas que de moi, plusieurs facteurs y entre. Ça fait bizarre quand on n’ait pas le contrôle sur certains facteurs imprévus. Je site ce qui m’est arrivé l’année dernière… Cette année je pense que ça ne sera pas pareil, enfin je l’espère. L’année dernière et celle d’avant (celle d’avant aussi, je crois que c’était toujours le cas pour moi) j’avais besoin de quelqu’un pour être là pour moi, quelqu’un qui m’aime vraiment pour ce que je suis, quelqu’un comme moi, aussi passionné et marginal… cette personne est, sans aucun doute, indispensable à mon équilibre tellement fragile. Maintenant qu’elle est là, je sens que j’ai une longueur d’avance, j’attaque mes projets avenir accompagné, plus de place pour la solitude qui me hantait depuis 24 ans, je me sens plus sur de moi, plus fort, plus lucide. Je crois aussi que je deviens moins dur avec moi-même, plus flexible. Je savais que l’amour fera des miracles pour moi. D’ailleurs concernant ce sujet, mon psy m’avait dis qu’il devrait prescrire de l’amour pour ses patients borderline. C’est une blague, certes, mais qui en dis long. Maintenant, j’essai de garder le rythme, assister à mes cours et avancer à petit pas surs vers un jour meilleur. Vous connaissez surement ce vieux dicton qui dit avancer vers la lumière, mais franchement la lumière je n’arrive pas encore à l’atteindre. Je suis encore dans l’obscurité. J’ai vraiment besoin d’un nouveau départ, une nouvelle vie, une nouvelle expérience. Evidement, ce n’est pas donné à tout le monde, parce que tout le monde en veux, mais pour moi c’est une question de survit. Je vais faire de mon mieux, je vais me battre pour avoir ma chance… J’avais un ami qui me disait toujours que c’est à nous de créer nos chances, il avait raison en fin de compte. Moi, je vais prendre mon sujet de projet de fin d’année la semaine prochaine pour commencer à travailler sérieusement et pour compléter mon cv, ensuite je me mettrai à la recherche d’un projet de fin d’étude. J’avais parlé avec beaucoup d’amis à ce sujet et j’avais remarqué que presque tous me parlaient de développement logiciel. C’est vrai, ça fait une bonne partie de notre travail en génie logiciel mais ce n’est pas la seule voie à suivre. Moi, personnellement, je ne suis pas très développeur, je me vois pas dans la programmation pure et dure. Je suis plutôt passionné par la recherche, le business intelligence, les bases de données, l’informatique décisionnel, les systèmes d’information, l’intelligence artificielle,… mais le développement en tant que production n’est pas vraiment ma tasse de thé. Cela me fait penser et réfléchir sur mon avenir. Espérant que tout ce passera bien…
PS tout ce passe bien tant que la plus magnifique femme du monde est là
Un séjour à l’hôpital psychiatrique Razi est vraiment une expérience unique dans son genre. C’est un vrai test de survis et d’adaptation. Je pourrais passer des heures à vous en parler sans que vous puissiez imaginer la profondeur des émotions qu’on ressent dans le pavillon. J’ai vécu la tristesse mais aussi la joie, la mélancolie, la colère, l’espoir et le désespoir… toutes ces émotions dans leur état le plus pur, c’était tellement fort que je pleurais toutes les nuits ou presque. Maintenant quand j’y pense je me dis que toutes ces larmes n’y étaient pas pour rien… La journée commence tôt à l’hôpital, dés 6h du matin les patients sont déjà debout et font du bruit. A 6h30 le petit déjeuner est servi toute de suite après on sort dans la terrasse prendre notre bain de soleil quotidien et c’était notre seule activité de la journée. On n’avait pas le droit de sortir du pavillon, la porte était fermée à clé, on était emprisonné… J’avais le privilège de sortir comme certains autres patients qui ne risquaient pas de s’enfuir. Je sortais pour aller à la buvette boire un café ou acheter du tabac. Mes sorties étaient bien organisées. Le matin, a 7h pile pour mon express, l’après midi pour un autre café et vers le crépuscule pour faire un petit tour dans l’hôpital. Il y avait vraiment de beaux paysages et ça me faisait beaucoup de bien surtout avec quelques morceaux de doom metal. J’avais aussi des entretiens quotidiens avec les médecins. Il y avait la résidente, une jeune belle fille qui avait fait de son mieux pour moi. J’ai même essayé de la draguer mais elle était vraiment très professionnelle, je crois qu’elle en faisait un peu trop, mais bon… Il y avait d’autres médecins aussi que j’avais vu mais aussi la psychologue, ma préférée… Elle était tellement gentille et je me sentais assez alaise avec elle. Il faut dire que les tests qu’elle m’avait faits étaient un peu stressants mais je m’en sortais bien. Je dois mentionner ici la compétence de toute l’équipe, ils sont vraiment très compétents. D’habitude je suis très exigent, très dur avec les psys mais à l’hôpital Razi, mise à part les infirmiers, l’équipe était bien qualifiée. Au bout de quelques jours je commence déjà à me rapprocher de certains patients, à me faire des amis chez les fous, qui, devrais-je rappeler, n’était pas aussi fous qu’on le croit… (Je ne comprends toujours pas ce que c’est un fou !) et parmi les patients, il y avait ce vielle homme à la voix aussi profonde que les rides de son visage (GCM)… Je ne connaissais pas son nom mais je prenais toujours sa défense. Il était très gentil, très calme, très affectueux. Tous les autres le frappait, dérobait ses cigarettes (tout le monde fume à l’hôpital mais personne ne possède du tabac). Une fois je suis resté prés de lui, j’avais senti qu’il avait besoin de discuter, bien qu’il ne fût pas trop bavard. Il était triste, il me disait que sa femme et ses enfants lui manquaient tellement, ensuite il m’avait demandé si on allait le libérer bientôt. Oui, il avait utilisé ce terme, libérer, parce qu’à l’hôpital psychiatrique c’est comme dans une prison… Il m’avait dis que sa famille l’a abandonné et il s’est mis à sangloter et à pleurer, des larmes bien tièdes d’un vielle homme blessé. Je l’avais pris dans mes bras et je lui avais dis que tout ira bien. Je crois que cela l’avait un peu rassuré. C’était parmi les faits qui m’ont vraiment marqué. Autres faits très important c’est l’attitude des patients face aux visites. On entend souvent dire qu’en entrant à l’hôpital psychiatrique les gens nous oubli. J’ai vu un patient qui était là depuis 1975 et que personne ne venait le voir pour une visite, j’ai vu des patients pleurer en suppliant leurs parents de venir leurs rendre visite, j’ai vu des patients faisant des interminables allers retours en attendant leurs proches qui ne viendront jamais, j’ai vu le désespoir mais j’ai vu aussi les larmes de joie quand un père ou une mère vient visiter son enfant. J’avais vraiment peur d’être abandonné, je pensais à cela dés mes premières minutes mais heureusement ce n’était le cas. Il y avait ma famille, mes amis qui venaient mes voir tous les jours et ça me faisait tellement de bien. Je me souviens parfaitement de ma réaction quand le téléphone sonne et quand on me dit qu’on vient pour une visite. Ça me rendait très joyeux. Je n’oublierais jamais aussi F. et son aide très précieuse, il était vraiment très amical. Il me conseillait et me montrait toujours le chemin. Pendant le deuxième jour, j’avais changé de chambre mais celle là puait et n’était vraiment pas habitable… Moi, j’avais repéré une belle place dans une autre chambre mais elle était occupée. Je suis allé voir son propriétaire mais il refusait d’échanger nos lits. J’allais voir F. et je lui raconte le truc alors il m’a proposé de faire un marché avec le patient. Lui, il avait besoin de tabac mais il n’en possédait pas. F. m’avait dis de lui proposer deux cigarettes pour son lit. Ce n’était pas vraiment mon truc de faire ce genre de marché et je ne croyais pas qu’il allait accepter mais ça a marché et j’étais très content… J’avais appris tant de truc, j’ai appris à m’imposer, à donner mon avis, à dire non,… On était en mini-société et je crois qu’apprendre à s’imposer dans cette société là était très important. Ce n’était pas l’avis de F. il disait que je devrais apprendre à m’imposer dans la vrai vie, mais bon. Je dirais encore que c’est vraiment une expérience unique, que c’est un vrai test d’adaptation et je crois que j’avais bien passé le test. Ces 12 jours m’était bénéfique.
« … vous allez pouvoir développer un mécanisme d’auto défense en passant par là ». C’est ce que mon psy m’avait dit concernant mon hospitalisation après ma tentative de suicide. Il m’avait dit aussi que ça me permettra de prendre du recul, de la distance. Au début, j’étais hésitant. J’étais conditionné comme la plupart d’entre nous qui avons froids au dos en pensant aux mots Mannouba, Razi, hôpital psychiatrique et autres. Franchement, j’avais peur de ce séjour chez les fous, comme l’on entend. Les fous… Personnellement, je ne trouve aucune définition à ce terme et je vais voir le sens dans un dictionnaire… Dans le dictionnaire, on dit que le fou est celui qui a perdu la raison… La raison c’est la faculté par laquelle l’homme connait et juge, c’est le bon sens. Il faut avouer que ce n’est pas la définition que tout le monde connait. Si on réalise une expérience simple en interrogeant les gens sur le sens de ce terme on dira probablement ‘celui qui parle tous seul’, ‘celui qui fait des gestes bizarres’ ou encore les malades mentaux. Ça fait vraiment mal au cœur. Comment peut-on qualifier un malade d’un fou ? Pensez vous que une personne sur cinq serait folle ? Devrais-je rappeler qu’une personne sur cinq aurait souffert d’un trouble mental au moins une fois dans sa vie (d’après l’organisation mondiale de la santé). C’est vraiment très compliqué avec les maladies mentales surtout avec toute cette stigmatisation et ce manque d’information. Parlons maintenant de mon séjour à l’hôpital… Razi se trouve à cinq dinars de taxi de chez moi, avant cela j’ai du préparé mon sac, mes vêtements, mes serviettes, un bouquin, un porte document, un stylo et aussi j’ai préparé mon téléphone en y mettant quelques films, quelques séries et beaucoup de musique. J’avais tout prévus. Quand j’étais avec le chauffeur je pensais à une réplique du film vie volée :
- qu’est ce que vous avez fait ? Vous avez l’air normal
-Je suis triste.
- Hein ! Tout le monde est triste…
Je m’attendais que le chauffeur me demande si j’y vais pour visiter quelqu’un ou pour m’hospitaliser mais heureusement il n’a prononcé aucun mot, même pas sur le climat. J’avais peur en même temps je savais que j’avais besoin de ce séjour. Une fois arrivé, je me suis rendu à l’accueil et ils m’ont orienté vers le bureau des consultations externes. J’ai montré la lettre que mon psy m’avait donnée mais ils m’ont demandé d’attendre. J’ai attendu assez longtemps pour fumer trop de cigarettes. J’étais ensuite admis dans un petit bureau minable, j’ai expliqué ma situation, ma maladie… La psy m’avait dit que l’hôpital était en travaux, je lui ai dis que ce n’était pas grave. On m’avait mis dans le service Skolly. La dame qui était à l’accueil m’avait dis qu’il n’était pas pour moi. Quand je suis arrivé au service l’infirmier qui était la ne croyait pas ses yeux. Il n’arrêtait pas de me demander ‘c’est vrai ? vous êtes venu tout seul ?’. Tout le monde était surpris. Ensuite quand j’ai discuté avec les patients j’avais compris que presque tout le monde était ramené par les forces de l’ordre. L’infirmier m’avait donné une sorte de pyjama ou de combinaison minable qui n’était même pas propre mais je lui ai dit que je vais rester avec mes vêtements. Tout ceci se passe dans le bureau avant l’entrée du pavillon, ensuite l’infirmier tourne le blocus pour ouvrir la porte… Mon cœur battait tellement fort que j’avais peur que les autres pourraient l’entendre. J’entre. Je regarde les patients éparpillés, les uns au sol les autres contres les murs… Il y avait une entrée vide dans laquelle se trouvait mon lit, une chambre à droite et deux chambres à gauche. Chaque chambre contient 10 lits à peu prés. C’est la première remarque que j’ai faite ensuite j’ai regardé les fenêtres, elles étaient en verre. Je me suis dit ‘comment peut on laisser des fenêtres vitrées ici, je pourrais m’auto mutiler avec un morceau de verre’. Mais je ne l’ai pas fait. Ce qui m’avait marqué aussi c’est l’hygiène qui était surement le dernier souci des employés, le service puait, les toilettes étaient vraiment dans un très mauvais état, les douches n’en parlons pas… Les femmes de ménage nettoyaient le service une seule fois par jour et ce n’était pas du tout suffisant. J’ai passé mon séjour à dormir, à pleurer à écouter de la musique et à lire. J’ai aussi bien parlé aux patients, je me suis même rapproché de certains d’entre eux. Il y avait surtout F. et H. avec lesquels je discutais beaucoup, ils m’ont vraiment aidé. Une fois, je me suis rendu au bureau de l’infirmier pour me changer mais lui, il n’était pas content. Il me cria dessus. Etant impulsif, je lui ai crié dessus à mon tour en disant que ce n’est pas une manière de traiter les malades. Quand je suis rentré dans le pavillon j’ai tellement pleuré. Heureusement que F. et H. était la pour me consoler. A vrai dire, le comportement des infirmiers envers les patients était bizarre. De un les infirmiers était non formé en psychiatrie, ce qui est inadmissible à mon gout, de deux, j’en ai vu des infirmiers insulter et frapper des patients ce qui me faisait tellement mal…